La direction participative | Magazine ARTISET | 6 2022
44 ARTISET 02 I 2022 de la commune voit également la collaboration avec l’asso- ciation locale d’aide et de soins à domicile d’un bon œil. «Le fait que l’association dispose ainsi d’un nouveau domaine d’activité est bénéfique pour la région.» En plus des presta- tions de base dans le cadre de l’habitat protégé, il est possible de recourir à des services supplémentaires, coordonnés par l’association Foppa, laquelle organise les demandes avec les prestataires de services locaux. «S’il y a besoin d’une assis- tance technique, d’un service de blanchisserie ou d’une li- vraison de repas, l’association d’aide et de soins à domicile fait office de réception», explique Doris Neuhäusler. Le ser- vice de restauration de l’hôpital régional voisin s’occupe des repas. «En outre, la résidence est située en plein centre, ce qui permet une meilleure participation à la vie sociale», ajoute Carmelia Maissen. Réseau local Afin de faciliter le passage de la sphère privée à la vie sociale, les projets d’habitat intergénérationnel de la Fondation col- lective Vita prévoient toujours l’aménagement d’espaces intérieurs accessibles au public au rez-de-chaussée. En sa qualité d’exploitante, l’association Foppa s’occupe de l’orga- nisation d’événements et de la location des salles et favorise les contacts de voisinage. «L’expérience montre qu’il faut une plateforme permanente et animée pour des échanges vi- vants», résume Doris Neuhäusler. Pour chaque nouvelle construction, des espaces extérieurs adaptés aux différentes générations sont en outre conçus, car les jeunes et les per- sonnes âgées doivent aussi pouvoir s’y rencontrer. Des aires de grillades, des bancs et des éléments ludiques sont destinés à différents groupes cibles et contribuent ainsi au dévelop- pement d’un environnement social intergénérationnel. «Nous nous référons aux critères du label LEA (Living Eve- ry Age) pour la qualité de nos constructions. Les logements sont généralement conçus pour des personnes de tout âge.» La cohabitation directe permet un apprentissage mutuel. Carmelia Maissen en est convaincue: «Les jeunes aussi pro- fitent des contacts avec les générations plus âgées.» Naturellement, toutes les générations peuvent profiter des offres de la «Residenza St. Joseph», mais la demande de nou- velles formes d’habitat ne cesse d’augmenter pour la popu- lation âgée. L’Office fédéral de la statistique estime que le nombre de personnes de plus de 80 ans va plus que doubler entre 2020 et 2050. Ainsi, quelque 1,11 million de per- sonnes âgées auront besoin de formes d’habitat adaptées, contre 0,45 million aujourd’hui. Le nombre de personnes de plus de 65 ans devrait en outre passer de 1,64 million à 2,67 millions au cours de la même période. Il s’agit d’une augmentation significative dans cette tranche d’âge, qui s’ac- compagne de besoins particuliers. Défi démographique «Le vieillissement de la population s’accélère de manière considérable, surtout dans les zones rurales telles que la ré- gion de Surselva», observe également la présidente de la commune d’Ilanz /Glion. Une réalité qui nécessite de nou- velles stratégies et qui a fait du canton des Grisons un pré- curseur dans le domaine de l’habitat pour le grand âge. «En raison du vieillissement démographique, les bases de l’habi- tat protégé ont été jetées il y a de nombreuses années déjà. Nous avons donc pu nous y référer lors de la construction de la ‹Residenza St. Joseph’», rappelle Doris Neuhäusler. Un catalogue d’exigences a fourni des indications sur ce que doit inclure un habitat protégé. En outre, les personnes bénéfi- ciant de prestations complémentaires doivent aussi pouvoir habiter dans la «Residenza». Les loyers sont donc calculés de manière à être accessibles à tous les budgets. «À Ilanz /Glion, cependant, la situation centrale de la ré- sidence et les services proposés en plus du logement ont clairement influencé la demande. Pouvoir bénéficier de pres- tations d’aide à domicile en fonction de ses besoins tout en vivant de manière autonome est une option de plus en plus prisée par les personnes âgées.» Les projets d’habitat inter- générationnel ne font pas seulement l’objet d’une attention accrue en raison de leur popularité: il s’agit généralement d’une option moins onéreuse qu’une entrée en EMS avec une prise en charge complète. «La prise en charge en EMS implique toujours des coûts élevés pour les communes», ex- plique Carmelia Maissen. «Sur le plan économique, il est donc plus judicieux que l’association d’aide et de soins à domicile, par exemple, assume les soins et que les repas soient livrés.» Des voix critiques se sont toutefois élevées lors de la construction de la «Residenza St. Joseph»: cela ne coûtera-t-il pas plus cher à Ilanz si toutes les personnes âgées de la région affluent dans la commune? La présidente comprend cette inquiétude et y a bien réfléchi. «D’un côté, il est vrai que de plus en plus de personnes âgées s’installent à Ilanz. D’un autre côté, elles paient des impôts et ont recours à des pres- tations sur place ou font du bénévolat, donc cela s’équilibre au final.» Cet article a été réalisé en collaboration avec la Fondation collective Vita. «Les loyers sont calculés de fa- çon à permettre aux personnes disposant de budgets différents d’habiter dans la «Residenza», aussi aux personnes au bénéfice de PC.» Doris Neuhäusler, responsable de projets de la Fondation collective Vita L’actu
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